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Jeanne Garnier : fondatrice de "l'oeuvre du Calvaire"

Chrétiens Magasine n° 75

 

Jeanne-Françoise GARNIER est née le 16 juin 1811, à Lyon. Très jeune elle fait montre d’une forte personnalité. Le 7 juillet 1835, elle épouse Monsieur Garnier, dont elle a deux enfants. Le premier meurt quelques jours après sa naissance. Deux ans plus tard, elle perd, à quelques jours d’intervalle, sa fille qui n’a pas un mois, et son mari (septembre 1835). Elle n’a que 24 ans. L’épreuve est terrible et, pendant quelques années, insurmontable.

Révoltée et proche du désespoir, elle ne s’intéresse plus à rien et n’émerge progressivement de la détresse que par sa foi en Dieu et sa volonté de ne pas gâcher sa vie.

Elle commence alors par « visiter les pauvres » et quêter pour eux, dans le cadre de la vie paroissiale. Devant son ardeur, on lui réserve les visites les plus éprouvantes. Ainsi l’envoie-t-on visiter, dans une mansarde d’une pauvreté repoussante, une femme dont la misère est extrême. Jeanne doit affronter non seulement la « pourriture » du corps, mais le mutisme et la haine de cette femme, rejetée de tous. Jeanne ne renonce pas pour autant. Ses soins, sa patience et sa compassion finissent par éveiller la femme à l’amour.

Cette rencontre révèle à Jeanne que les « incurables » dont les plaies sont insupportables à voir et à panser, lisent sur le visage d’autrui l’horreur que leur état inspire et « sentent le tort qu’elles ont de ne pas mourir assez vite ». D’ailleurs, elles sont abandonnées et rejetées de tous même des hôpitaux. Panser leurs plaies, soulager, consoler les incurables : tel est désormais son unique souci. L’événement est décisif. La mansarde est le berceau du « Calvaire ».

Au fur et à mesure des événements et de sa quête spirituelle, Jeanne pressent que sa mission ne doit pas être, pour elle, un « passe-temps ». Elle veut y consacrer toute sa vie.

Se posent alors les questions pratiques. Les incurables sont isolées et dispersées. Impossible de les visiter toutes. Alors, ne faut-il pas les réunir sous un même toit ?

Autre question : qui pourra l’aider dans pareille tâche, de jour et de nuit ?

Elle songe aux veuves qui, comme elle, pourraient rendre de tels services, et qui en tireraient avantage d’abord pour elles. En attendant, elle accueil une première femme, défigurée par les flammes d’un incendie, bien connue sous le nom de « Marie la brûlée », à laquelle s’ajoutent bientôt deux autres. Tel fut l’embryon du premier hospice du « Calvaire ».

Le projet de Jeanne Garnier a pris corps, il est double : « la sanctification des dames veuves et le soulagement des incurable ». Un but unique en réalité : la sanctification des veuves par le soulagement des incurables.

La réalisation du projet ne manquera pas d’obstacles : - objections de la « sagesse humaine » : « Peut-on demander l’héroïsme à temps complet ? » ; manque de ressources de tous ordres : où trouver finances, locaux, linges pour pansements ?

Mais rien ne peut arrêter l’audace prophétique de Jeanne Garnier. Elle est soutenue par la parole évangélique : « Ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». Les plaies des incurables ne sont-elles pas identifiables à celles du Christ ?

En 1842, avec deux de ses amies veuves, elles se communiquent le désir de mener une vie plus chrétienne et de se mettre au service du prochain. Elle forment une petite association et font appel à d’autres amies. Le 8 décembre, elles consacrent leur projet à Notre-Dame de Fourvière et rédigent un plan de constitution. Le 8 décembre est retenu par elles comme la date de la fondation.

En avril 1843, l’association reçoit l’approbation de l’archevêque de Lyon ; le Cardinal de Bonald concluait après avoir écouté Jeanne Garnier : « Votre œuvre s’appellera association des Dames du Calvaire ».

Un premier local est loué, où elles s’installent le 3 mai 1843. Celui-ci devient vite trop petit. Elles emménagent ailleurs le 5 mai 1845, avec 17 malades.


Dernière mise à jour le:  09/10/2006
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