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VI - Interruption ou cessation des traitements

Il arrive que le malade souhaite interrompre le traitement ou la réanimation. Parfois ce sont les proches qui le demandent, en son nom. Les soignants se posent aujourd’hui beaucoup de questions à ce sujet.

La cessation de traitement ne veut dire ni cessation de soins ni euthanasie. Cette cessation est décidée parce que le traitement est devenu disproportionné, inutile, néfaste, et non pour faire mourir le malade. Elle nécessite une démarche semblable à celle que je viens de développer en cas de refus de traitement. Patrick Verspieren insiste sur la « contrainte » des traitements, et il met en garde les soignants du caractère discriminatoire que peut revêtir une telle décision. (cours DU soins palliatifs, Lille 1998).

La position du Magistère de l’Eglise semble assez claire, elle renvoie bien sûr à la conscience et à la nécessaire prudence de chacun.(10)

En 1957, Pie XII écrit :

« Le malade, mais plus souvent la famille, peut licitement insister pour que le médecin interrompe ses tentatives, et le médecin peut licitement lui obtempérer.

Il n’y a en ce cas aucune disposition directe de la vie du patient, ni euthanasie, ce qui ne serait jamais licite. Comme quand elle entraîne la cessation de la circulation sanguine, l’interruption des tentatives de réanimation n’est jamais qu’indirectement la cause de la cessation de la vie, et il faut lui appliquer dans ce cas le principe de double effet.

Le médecin peut-il enlever l’appareil respiratoire avant que ne se produise l’arrêt définitif de la circulation ? Il faut répondre affirmativement. »

Pour le Conseil permanent des évêques de France (3) :

« On pourra interrompre ces traitements lorsque les résultats en seront décevants et après évaluation rigoureuse de la licité de ces  traitements. »

Jean-Paul II dans l’encyclique « Evangelium Vitae » (5) de 1995 distingue l’euthanasie de

« la décision de renoncer à ce qu’on appelle l’acharnement thérapeutique, c’est à dire à certaines interventions médicales qui ne conviennent plus à la situation réelle du malade, parce qu’elles sont désormais disproportionnées par rapport aux résultats que l’on pourrait espérer ou encore parce qu’elles sont trop lourdes pour lui et pour sa famille. Dans ces situations, lorsque la mort s’annonce imminente et inévitable, on peut en conscience renoncer à des traitements qui ne procureraient qu’un sursis précaire et pénible de la vie, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas. Il est certain que l’obligation morale de se soigner et de se faire soigner existe, mais cette obligation doit être confrontée aux situations concrètes ; c’est-à-dire qu’il faut déterminer si les moyens thérapeutiques dont on dispose sont objectivement en proportion avec les perspectives d’amélioration. Le renoncement à des moyens extraordinaires ou disproportionnés n’est pas équivalent au suicide ou à l’euthanasie ; il traduit plutôt l’acceptation de la condition humaine devant la mort... »

Les déclarations récentes du Président du conseil national de l’ordre des médecins invitent avec fermeté les médecins à éviter toute obstination déraisonnable.

La décision d’interrompre un traitement a des retentissements psychologiques et affectifs chez les soignants.

Elle relève d’une réflexion d’équipe, elle nécessite du temps. La décision est prise par le médecin qui en porte la responsabilité, éclairé par l’ensemble de l’équipe, et les proches, ...

Il faut là encore, gérer une certaine incertitude, pour diminuer autant que possible l’ambiguïté de l’action humaine, et parvenir à une plus grande objectivité.

 

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Dernière mise à jour le:  28/09/2006
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