V - Refus des traitements
Des malades demandent un transfert en unité de soins palliatifs, après un ou plusieurs séjours en réanimation, pour ne plus y être réadmis lors d'une complication.
D’autres, en unité de soins palliatifs refusent tout traitement qui pourrait prolonger leur vie, y compris les soins de confort : alimentation, hydratation.
Selon le code français de déontologie médicale (7), le médecin doit respecter le refus des malades à l'égard d'investigations ou de traitements proposés, si celui-ci est en état d'exprimer sa volonté, et après l'avoir informé des conséquences de son refus. Et les commentaires du code insiste sur la prudence avant de s’incliner.
Les soignants craignent d’accompagner le malade dans un acte suicidaire, ou de ne pas avoir prêté assistance en situation de danger en consentant au refus du patient.
Récemment, j’ai relu notre expérience d’équipe et j’ai cherché à préciser un certain nombre de repères pour gérer l’incertitude, consentir à la décision du malade, et l’assumer. Je propose une démarche en dix points :
Préciser l'objet du refus
Vérifier l’information du malade
Explorer les motifs du refus (refus, opposition, appel à l’aide, lassitude, manque d’explication, peur des conséquences, désir de mourir,...)
Evaluer la capacité du malade à refuser (liberté du malade, ambivalence - fluctuation du discernement, pressions subies, état dépressif, atteinte des fonctions supérieures, examiner le testament de vie)
Dissiper les malentendus dans l’équipe
Analyser les conflits de valeurs
Prendre une décision
Maintenir la relation avec le patient
Continuer à rechercher le soulagement du malade, éviter l’abandon
Parler de la situation à distance, et en tirer profit.
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