II - Les Soins Palliatifs
Les soins palliatifs sont depuis quelques mois à la « une » de l’actualité.
Leur but n'est pas de restaurer la santé mais de :
soulager le malade par des soins et traitements symptomatiques et de confort,
de prendre en compte la complexité de la souffrance du patient et de celle de ses proches,
de rechercher la meilleure qualité de vie possible jusqu'à la mort et
d'accompagner les personnes dans leur travail de deuil.
Leur exercice relève d’une médecine raisonnable.
Ils s'adressent
à des personnes atteintes de maladie grave dont le pronostic est défavorable à plus ou moins long terme. L'espoir de guérison est déçu, les malades l'expriment plus ou moins douloureusement. La proximité de la mort « colore » de façon particulière les soins et la relation avec le malade et son entourage.
Ils nécessitent un réel travail d'équipe interdisciplinaire
Les acteurs de santé ne sont pas seuls à intervenir, des bénévoles, en assurant une présence auprès des malades et de leurs proches, témoignent d'une solidarité dans l'épreuve et maintiennent un lien social alors que la maladie grave et l'approche de la mort marginalisent ou excluent de la société des « bien-portants ».
Le côtoiement de la mort suscite chez bon nombre de soignants ou de bénévoles une remise en cause personnelle ;
la mort de l'autre renvoie à la sienne, et même si l'inconscient la refuse, elle invite à prendre acte de la réalité de la finitude humaine. Le travail en soins palliatifs est éprouvant, les soignants doivent rechercher sans cesse la meilleure distance à l'égard des malades et assumer eux-mêmes des deuils successifs ; la souffrance des soignants est à prendre en compte également, un soutien psychologique s'impose. Les soins palliatifs interrogent la pratique soignante et l'organisation des soins tant à l'hôpital qu'à domicile mais aussi, les missions de la médecine et les attentes de la société à son égard.
Les soins palliatifs enfin, sont une réaction au déni de la mort,
au mépris du deuil, et à l'exclusion des grands malades, des vieillards et des mourants dans les sociétés occidentales ; ils ont donc une visée éthique et une portée socio-politique.
Les Soins Palliatifs sont très fortement encouragés par le Magistère de l’Eglise :
les déclarations sont nombreuses. Il me semble important d’en citer les principales :
1979 : Episcopat allemand : « Mort digne de l’homme et mort chrétienne. »
1984 : Jean-Paul II : lettre apostolique « Salvifici Doloris » (10)
1984 : Commission familiale de l’Episcopat français « Vie et mort sur commande »
1987 : Cardinal Jean-Marie Lustiger « La défense et le respect de la vie »
1989 : Cardinal Martini : Déclaration au Symposium des Evêques européens
1991 : Conseil permanent de la Conférence des évêques de France : « Respecter l’homme proche de sa mort ».(3)
« Nous nous réjouissons de ce que les pouvoirs publics français aient encouragés le développement des soins palliatifs. Nous jugeons qu’un tel effort doit être poursuivi, non seulement pour apaiser des peurs présentes chez nos contemporains, mais aussi parce que tout homme qui souffre invite à une compassion active et efficace. Il reste beaucoup à faire dans notre pays, notamment en ce qui concerne la formation des membres de professions de santé, pour que tous les malades en fin de vie reçoivent des soins appropriés. Cela revêt un caractère d’urgence : tout retard sera source de souffrance pour de nombreux malades. »
1991 : Déclaration de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) « Au sujet de la proposition de résolution sur l’assistance aux mourants »(10)
1994 : les évêques de Belgique « L’accompagnement des malades à l’approche de la mort »(4)
1995 : Jean-Paul II : encyclique « Evangelium vitae » (5) :
« Dans la médecine moderne, ce qu’on appelle les soins palliatifs, prend une particulière importance ; ces soins sont destinés à rendre la souffrance plus supportable dans la phase finale de la maladie et à rendre possible en même temps pour le patient, un accompagnement humain approprié. »
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