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I - Prise en compte de la douleur et traitement

En France, les médecins ont longtemps méconnu et méprisé la douleur.

Malgré un effort considérable de formation des médecins et des infirmiers et malgré les thérapeutiques disponibles trop de malades encore ne sont pas ou sont mal soulagés de leur douleur. Des directives gouvernementales ont encore été récemment établies pour améliorer la prise en charge de la douleur, et la situation continue d’évoluer favorablement.

Le soulagement des patients nécessite une évaluation précise

du type et de l’intensité de la douleur, par l’écoute, le dialogue, l’observation, la réévaluation fréquente et rigoureuse. Le traitement de la douleur est à la fois simple et complexe. Il demande une bonne connaissance des antalgiques, de leurs effets secondaires, de leur voie d’administration. Dans la majorité des cas, la voie orale est privilégiée, mais l’utilisation d’autres voies (voie sous-cutanée,...) et de matériel sophistiqué (seringue électrique, pompe,...) reste fréquente.

L'Eglise semble avoir été pour certains un frein

au soulagement de la douleur, en raison de la valeur rédemptrice de la souffrance. La déclaration du Conseil permanent des évêques de France (3) : « Respecter l’Homme proche de la mort » (1991) dénonce, à juste titre, cette affirmation :

« Nous entendons dire que l’Eglise catholique soulèverait des objections vis-à-vis du soulagement de telles douleurs. Nous nous élevons contre cette affirmation et tenons à rappeler que l’Eglise invite depuis longtemps à l’emploi, dans cette situation, de traitements antalgiques appropriés.»

Si elles ne sont pas soulagées, ces douleurs peuvent en effet avoir des effets très néfastes. Le plus souvent, elles écrasent la personne qui les subit, l’enferment en elle-même, rompent sa communication avec autrui et détruisent en elle tout dynamisme psychique et spirituel, au point même, semble-t-il, de contribuer à précipiter la mort. Fréquemment,

« elles aggravent l’état de faiblesse et d’épuisement physique, entravent l’élan de l’âme et minent les forces morales. Le soulagement de ces douleurs procure une détente corporelle et psychique, aide le malade à retrouver le désir de vivre encore, permet le rétablissement d’une communication avec autrui et facilite, chez les croyants, la prière et la remise de soi entre les mains de Dieu. »

Ces propos étaient déjà présents dans la « Déclaration sur l’euthanasie » de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1980 (10).

Pie XII, en 1957 (10), à pris très nettement position en faveur de l’utilisation des traitements antalgiques connus alors. Malgré l’image très négative des « narcotiques », il recommandait leur usage, à défaut d’autres moyens efficaces, s’il y avait une indication médicale sérieuse :

« L’homme conserve le droit de dominer les forces de la nature, de les utiliser à son service, et donc de mettre à profit toutes les ressources qu’elle lui offre pour éviter ou supprimer la douleur physique... Quels sont les motifs qui permettent dans les cas d’espèce d’éviter la douleur sans entrer en conflit avec l’idéal de vie chrétienne ? On pourrait en nommer un grand nombre ; mais malgré leur diversité, ils se ramènent finalement au fait qu’à la longue la douleur empêche l’obtention de biens et d’intérêts supérieurs. Le chrétien désireux d’éviter ou de calmer sa douleur peut, sans inquiétude de conscience, utiliser les moyens trouvés par la science et qui en eux-mêmes ne sont pas immoraux. »

Pour le Conseil permanent des évêques de France (3) :

« Ces appels répétés à la recherche de moyens efficaces pour combattre la douleur de la fin de vie n’ont, semble-t-il, pas été toujours entendus, même par des catholiques. Il est vrai que, pendant longtemps, l’emploi des médications agissant sur les douleurs intenses semblait se heurter à de graves objections d’ordre médical. Ont donc été des bienfaiteurs de l’humanité les médecins et chercheurs qui, depuis 25 ans, s’évertuent à trouver de nouveaux antalgiques et de nouveaux modes d’administration et qui sont parvenus non seulement à soulager mais même à prévenir la plupart des douleurs intenses de la fin de vie, en évitant les graves conséquences jusqu’alors redoutées... Nous apportons notre plus ferme soutien et nos encouragements les plus sincères à tous ceux qui développent actuellement les Soins Palliatifs. »

Dans l’Encyclique Evangelium Vitae (5), Jean Paul II évoque les traitements antalgiques forts et les médications sédatives parfois nécessaires même si elles limitent ou diminuent l’état de conscience.

Les textes du Magistère (10), et des Conférences Episcopales des divers pays nord américains et européens, affirment le bien fondé du traitement de la douleur en laissant toutefois le choix au patient, vu les effets secondaires plus importants et gênants. Il ne faut pas oublier pour autant que le traitement antalgique n’est pas suffisant, et qu’il ne dispense pas de l’accompagnement « humain ».

 

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Dernière mise à jour le:  28/09/2006
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